dimanche 27 mai 2012

Concert de casseroles



Après avoir assisté à un magnifique concert d’orgue à l’Oratoire St-Joseph dimanche dernier (c’est pas des farces), j’assiste passivement à un concert de casseroles à tous les soirs depuis une semaine dans mon Plateau chéri. Je n’ai même pas besoin de me déplacer, c’est gratuit, festif, mais quand même beaucoup moins mélodieux que l’orgue de Philippe Bélanger.
Je vous avoue qu’au départ, ça ne m’enchantait pas du tout ce “vacarme” à l’heure ou enfin j’ai soupé, que la vaisselle est faite et que je peux finalement relaxer en lisant, écoutant de la musique ou Beautés Désespérées. Après 3-4 soirs, la beauté désespérée, c’était moi. Le concert de 15 minutes des premiers jours durait presqu’une heure par la suite. Je fermais les portes, les fenêtres et m’enfermais dans mon cocon pour savourer l’accalmie après une dure journée de travail. Ceux qui ont déjà “flirté ou sorti” avec le monde de l’éducation savent qu’en ce moment, la paie est franchement méritée… Je me disais que la paix de mon “chez moi” aussi. En tout cas…
Hier soir, j’ai décidé de sortir de mon château fort et d’aller voir sur le terrain ce qui se passe avant de critiquer ou tout simplement chiâler.  J’ai été très surprise de ne pas voir autant de musiciens que je l’avais imaginé. Ça résonne fort des casseroles…Peut-être est-ce le fait que nous sommes un samedi soir. Les gens sont peut-être à leur chalet, ont pris congé de vaisselle ou sont à un Congrès de casseroles dans un autre pays?
J’ai réussi à déambuler calmement parmi les percussionnistes sans me faire regarder trop de travers. Il y avait selon moi beaucoup plus de curieux que d’artistes. J’admets que l’ambiance était chouette. Ça me rappelait mon enfance à Québec lors du Carnaval de Québec, mais sans bonhomme ou le Carnaval de Martinique sans Vaval. Je peux même dire que le bruit n’était pas si désagréable tenant compte du peu d’expérience des manifestants (à peine une semaine). La foule était composée de jeunes gens, d’adultes, de papis, de mamies, de ti-cul, de bébés (ouin) qui frappaient sur des casseroles, des poêles T-FAL, des boîtes de métal, des couvercles de poubelles en métal. J’ai même vu 2 gars qui roulaient un BBQ et un 3e qui frappait dessus avec ses spatules. Trop drôle! J’oubliais, un 4e transportait le sac de pains hot-dog.
En fin de compte dans toute cette affaire, je crois que la plupart du monde y trouve son compte.
Parce que:
Les gens qui n’ont pas socialisé de l’hiver peuvent entrer en contact plus facilement avec leurs voisins par le biais de cette initiative.
Les femmes qui voient leurs maris tenir une casserole pourront lui faire tenir plus tard dans la cuisine.
Les étudiants qui essaient vainement d’étudier, (car il y en a qui vont à l’école) se retrouvent devant l’obligation de prendre une pause et de remettre à plus tard l’étude de leur examen.
Les gens frustrés, enragés pour toute autre raison ont trouvé un excellent prétexte pour se défouler pacifiquement en frappant sur un objet et non sur quelqu’un.
Les enseignants qui sont en train de corriger, car c’est la fin de session, doivent arrêter et peuvent tranquillement finir la bouteille de vin entamée au souper. Youpi pour les notes des productions écrites!
Les résidents de l’île de Montréal pourront enfin être débarrassés des vilains banlieusards qui viennent leur piquer leur place de parking, de restaurant ou de trottoir.
Le Dollarama doit s’excuser auprès de ses clients car il n’a plus en stock un maudit cul de poule ou cuillère de bois. Vive l’économie chinoise!
Les enfants sont obligés de rester debout une heure de plus, parce que… pas capable de dormir. Pas grave, ils dormiront demain à l’école…ça sent la fin d’année de toute façon.
Les ostéopathes et physiothérapeutes de Montréal feront des bonnes affaires lorsqu’ils traiteront des bursites ou tendinites à la fin de la tournée des percussionnistes dans 6 mois.
Les bébés qui tardent à s’endormir pourront faire veiller leurs parents ou les garder éveillés toute la nuit. Il paraît qu’ils passent de bons films à V en ce moment.
Les “Clinique du Chaudron” vendent des franchises à profusion depuis quelques jours.
Les célibataires en manque de contact peuvent maintenant rencontrer tout à fait gratuitement et dans leur quartier en plus. “Chaque chaudron trouve ça casserole.”

Ce qui est le plus jouisssif dans tout ça c’est que le premier ministre Jean Charest doit ruminer dans sa belle demeure en entendant tout ce vacarme. Il ne doit plus dormir la nuit. Probablement aussi qu’il a engagé une cuisinière pour ne plus toucher à une casserole. Peut-être aussi qu’il ne mange plus…

Finalement, moi ce concert, ça me réjouit plus que ça me dérange maintenant. En tapant sur des casseroles, au moins les gens ne se tapent pas sur la gueule. En tout cas, pas jusqu’à maintenant. Puis, les manifs étudiantes ont suivi le mouvement des citoyens. Ils déambulent maintenant dans les rues le soir avec leurs casseroles et peuvent en arrivant chez eux se cuisiner “illico” un succulent Kraft dinner. Vont-ils cependant aller en porter à leur sympathique premier ministre?

Pour les intéressés:
Concert d’orgue par Philippe Bélanger, tous les dimanches à 15 h 30 d’une durée de 30 minutes 
à la Basilique de l'Oratoire Saint-Joseph. L’entrée est gratuite. Vous pouvez toujours par la même occasion aller allumer un lampion pour une cause qui vous tient à cœur.

mercredi 16 mai 2012

S'échouer...


Depuis quelques temps, Josée (nom fictif) ne se sent pas bien. Elle a des maux de tête, se sent plus fatiguée qu’à l’habitude, a des problèmes de digestion. Josée attribue tous ces maux à sa vie qui va vite ainsi qu’à ses nombreuses responsabilités familiales. Elle file le parfait bonheur avec son amoureux depuis environ dix ans et chérit ses deux jeunes adultes. Elle a même en bonus une charmante petite-fille.
Constatant qu’elle semble perdre des plumes, son entourage lui suggère d’aller consulter un médecin. Elle leur répond à plusieurs reprises qu’elle n’a pas de médecin de famille. Josée repousse donc la consultation et finit parfois par oublier ses malaises. Sa vie tourbillonnante prenant le dessus.
Un matin, elle constate qu’une masse a fait son apparition sur son corps. Elle se demande si elle rêve, si elle a bien palpé. La frousse l’envahit soudainement et l’urgence de consulter se fait sentir. Josée se présente à trois cliniques de son quartier. Comme elle n’a pas de dossier, elle se fait retourner à chaque fois. À son arrivée à la maison, elle s’installe au téléphone. Elle se dit qu’elle ira même dans un autre quartier que le sien pour chercher un peu de quiétude et peut-être des réponses à ses questions. Même au téléphone, on la retourne. Le découragement se fait sentir et l’angoisse prend de la place. Elle se demande bien où elle pourrait aller s’échouer.
Après une nuit d’insomnie, elle décide de se présenter à l’urgence de l’hôpital le plus près de chez elle. On lui dit que c’est une place pour des urgences et qu’elle devrait consulter un médecin pour passer des tests. Finalement, à bout de ressources, elle se tourne vers un médecin qui l’a suivie, il y a plusieurs années. L’entente n’avait pas été parfaite, mais elle se dit qu’elle n’a pas le choix. Après s’être presqu’engueulée avec la secrétaire, elle réussit à avoir un rendez-vous le mois suivant.
Pendant ce temps, la masse semble grossir en même temps que sa peur qui prend toute la place tandis que l’énergie elle, s’en va et de nouveaux symptômes font leur apparition. Le temps passe…
La journée du rendez-vous, elle sent un petit regain de vie. Serait-ce la possibilité d’être enfin prise en charge? Le médecin la reçoit et lui sert un sermon digne des plus grands films d’horreur. Elle aurait dû consulter avant, se prendre en main etc. C’est incompréhensible pour Josée, car elle sait bien qu’elle a tenté en vain de se faire voir pendant les semaines précédentes. Elle sort du bureau abattue, requête en mains pour aller passer une mammographie.
Elle est tellement sous le choc qu’elle se couche en arrivant chez elle et se met à délirer. Son fils qui ne reconnaît plus sa mère, appelle l’ambulance. Josée est hospitalisée depuis une semaine. Oui, c’est là qu’elle a échoué, c’est là qu’elle devait échouer…
Le “tueur en série” a encore frappé, mais cette fois-ci en trio. Le cerveau, le sein et l’utérus…
À 48 ans, Josée doit se résigner à faire ses adieux à sa famille, à ses amis, à sa vie…et elle n’est pas prête.
Comment réagir à cette abominable nouvelle? Le choc passé, je réfléchis, je me demande…Quel message doit-on retenir? Comment doit-on orienter sa vie? Doit-on s’inquiéter davantage de nos petits bobos? Est-ce qu’on doit se réjouir d’avoir un médecin de famille? Doit-on se rendre dans la rue manifester pour un meilleur système de santé? Je cesse d’y penser pour un temps. Le temps d’être en pensée avec cette amie qui lutte avec courage pour passer le plus de temps possible avec ses proches …Les réponses viendront bien plus tard…s’il y a lieu. 

lundi 7 mai 2012

Des nouvelles du Plateau


Il s’en passe des choses bizarres sur le Plateau. Cette fois-ci, un billet très léger concernant mes observations des derniers jours. J’aurais pu continuer car il n’y a rien comme la vie de quartier pour nous divertir. Il fait tellement beau. Mes yeux observent et mon cerveau s’en donne à coeur joie.

Donc voilà ce qui a attiré mon attention!

Une voisine qui promène son chien le dimanche matin avec son bol de café dans les mains. Le chien avait une envie pressante?

Un résident qui fait démarrer sa voiture “à distance” un 6 mai. Je comprends vraiment pas!

Des restaurateurs qui placent leurs tables sur le trottoir à quelques centimètres des sacs-poubelles. Si c’est un resto asiatique, c’est moins pire…

Un quincaillier qui possède une imposante vitrine(sous clé) renfermant toute une panoplie de pièges et poisons pour attraper les souris ou …les rats. Misère!

Un technicien d’Hydro Québec qui sonne à la porte à 8h un matin de semaine pour faire la relève du compteur. Hum, c’était peut-être “Mr. Right” déguisé en gars d’Hydro…mais moi, j'étais ni habillée, ni maquillée. Il repassera.

Les restos et cafés du quartier qui sont tous remplis à pleine capacité un beau mardi soir. J’imagine la banlieue déjà endormie.

Deux beaux gars en bédaine qui parlent “politique” un beau samedi pm au soleil en sirotant une Boréale sur leur balcon. Je suis restée concentrée sur ma lecture, finalement.

Le maire Ferrandez en complet-cravate…à vélo sur la piste cyclable de la rue Laurier. Il avait sûrement un intérêt à améliorer le domaine cyclable. Je pense qu’il n’ a pas de char…lui!

Des étudiants qui sortent de l’École Le Plateau en fin d’après-midi en disant que leur prof. est sexy. J’aimerais bien connaître les critères de jeunes de 12-13 ans!

Un monsieur qui se promène avec une poussette parapluie, vide. Je sais qu’il s’en va peut-être chercher son “ti-cul” à la garderie, mais ça me fait rire quand même.

Une fille qui habituellement traverse la lumière rouge et qui ce jour-là attend gentiment la verte, possiblement parce qu’elle a senti les deux agents de police derrière elle. Les contraventions aux piétons, c’est la mode en ce moment.

Quelqu’un qui entre dans un Centre de méditation avec un méga-gros-big-café-monstre. Sans commentaires!

Une grand-mère qui fait des sudoku debout dans le métro et qui refuse qu’on lui cède une place. Tout un numéro cette “grandma”!

Un chroniqueur-télé qui lèche son assiette de dessert dans un bar à sushi de la rue Laurier. Je crois qu’il préfère garder l’anonymat.

Trois enfants de moins de 12 ans qui font l’épicerie le dimanche matin au Métro Chèvrefils avec la circulaire en mains. Ça m’intrigue pas mal! 

Une femme qui rit comme une hyène en plein restaurant un beau samedi soir et qui ne se rend pas compte qu’elle est entourée de chasseurs mécontents.

Un homme qui échappe sur le trottoir sa carte de crédit à mes pieds sous les yeux d’une dizaine de témoins. C’est la première fois que ça m’arrive. C’est assez loufoque surtout qu’il était beau comme un coeur et accompagné de…son enfant.

Un café sur la rue Rachel qui s’appelle “La vache qui pète”. Je ne peux m’empêcher de penser à la vache qui mérite cet honneur.

Une fille enragée qui enferme à la noirceur 2 petites filles dans les toilettes de la bibliothèque. Elle m’ont fait le coup pendant que je pi….. Elles l’ont bien mérité. La prof est de retourrrrrrrrrrrrr!

Une passante qui arrache tous les pissenlits de notre terrain pour s’en faire un bouquet. Ça me fait penser à l’opération-séduction du printemps avec mes jeunes clients. L’intention est bonne, mais le choix de la fleur à reconsidérer.

Bon printemps à tous et que l’été ne tarde pas trop parce qu’il s’en passe des choses, l’été dans mon quartier…

vendredi 6 avril 2012

Nombril du monde part 7

Avec le beau printemps récemment arrivé, j'ai eu le goût de m'extérioriser un peu. Ça doit vouloir dire que je retrouve peu à peu mes capacités. Je partage donc avec vous mes observations des derniers jours. Aaaaaah, ça fait du bien!

Chers automobilistes: À quoi ça sert de klaxonner après un chauffeur de taxi qui tente de faire descendre quelqu’un? Il n’y a pas encore à ce que je sache des sièges éjectables dans les taxis. Respirez par le nez ou marchez…vous ferez plaisir au maire.

BELL: Arrêtez svp de m’envoyer des enveloppes à toutes les deux semaines. Non, je ne reviendrai pas avec vous, même si vous envoyez une trâlée de castors bien équipés à ma porte pour bricoler.

Chers lecteurs: C’est quoi cette idée d’écrire et même de surligner dans les livres de bibliothèque? Le livre ne vous appartient pas et ça ne veut pas dire que le prochain lecteur sera interpellé par les mêmes passages que vous. Je ne comprends tout simplement pas cette maladie.

Chère Ville de Montréal: Pourquoi lorsque je remets de l’argent dans le parcomètre, on ne tient pas compte de l’argent déjà inséré? La fille prévoyante en moi a l’impression de se faire fourrer et …sur la rue en plus.

Chers voisins: Ça serait quoi de monter mon courrier en même temps que le vôtre. J’aime pas ça vous voir vous essuyer les pieds sur mes enveloppes. Ça a beau être des factures…

Facebookiens et facebookiennes: C’est assez! J’en ai assez des gens qui nous parlent de leur gastro en pleine face. Gardez-vous une petite gêne. C’est dégueulasse et absolument inintéressant. Ça me fait royalement chier…

Vendeuse de chez Rachelle Béry: Je suis désolée de vous avoir dérangée pendant votre pause-dîner. Surtout que vous n’aviez pas le produit recherché. Soyez sans craintes, je ne vous dérangerai plus. J’ai trouvé une charmante boutique à deux pas de chez vous, service inclus! Carrefour Santé sur Rachel.

Préposé à l’arrondissement (Plateau Mont Royal): J’ai été très heureuse de vous annoncer au téléphone qu’il y a une loi qui demande aux propriétaires d’afficher les numéros civiques du côté de la ruelle. J’espère seulement que je ne parlais pas au Maire Ferrandez.

Les poules: Pourquoi choisir le Plateau pour venir installer vos nids? Je sais qu’il y a quelques ti-coqs qui rodent. Soyez sans craintes, je ne divulguerai pas de noms…mais maudit que ça me tente.

Fille qui médite: Même si tu mets ton portable sur vibration, ça dérange au moins 10 personnes qui tentent de trouver leur propre champ vibratoire pour se rapprocher de Bouddha. Ferme-le ou assis-toi dessus, please!

Chers voisins d’en arrière: Depuis quelques temps, je n’ai pas besoin de réveille-matin. Merci à vos 3 enfants qui chahutent dans la cour, se crient après, se courent avec des pelles. Ça doit être quelque chose à l’intérieur. J’aimerais pas voir votre déco.

Cher garagiste du coin de la rue: Je t’ai vu venir avec tes factures gonflées. C’est pas parce que je suis une femme que je ne connais rien à la mécanique. En fait, je ne connais rien à la mécanique ,mais je connais ma voiture en maudit. Pis, je garde toutes les factures. Essaie pas de m’en passer une petite vite. T’es pas tombé sur la bonne! Entre vous et moi, j'appelle ça un "cross..:." J'ai presque le goût de publier son adresse de la rue Laurier.

Aux parents de Vanessa Vanasse: Je ne comprends pas pourquoi. Quelle mouche vous a piqué? J’ai rencontré cette jeune fille début vingtaine au comptoir des prescriptions à la pharmacie. Allait-elle chercher des anti-dépresseurs? Pauvre cocotte!

Vieille caissière de chez Métro Chèvrefils: Quand tu crisses ma douzaine d’oeufs dans mon sac… C’est que t’es fâchée ou pressée? Fâchée de ne pas avoir été encore virée ou pressée de prendre ta retraite. Souris en attendant, ma poule!

DESJARDINS: Vos pubs avec le faux ti-couple me tapent royalement sur les nerfs et après avoir fait un bref sondage dans mon quartier , je ne suis pas la seule. Hein Nico?

Facebookiens et facebookiennes: De grâce, relisez votre texte avant de le publier (parfois c’est pas chic). Surtout quand vous êtes des profs!