Burn fit VS Cross fit


Une personne que je considère être « de confiance », m’a suggéré en début 2019 de m’inscrire à des cours de « burn fit ».  Question de préparer la saison des « randos » et découvrir une nouvelle activité, pourquoi pas!  Après avoir validé que ce n’était pas du « cross fit », je me suis engagée à l’essayer, mais …. après les vacances en Martinique. 

Ne reculant devant rien, j’y suis allée ce midi. J’ai été chaleureusement accueillie par le beau Vince qui m’avise qu’il a la réputation d’avoir les cours les plus intenses. « Câlisse! » C’est à ce moment, que j’aurais dû quitter. 
Le local est bien éclairé et rempli de toutes sortes d’instruments de torture (cordes, poids, tapis synthétiques, élastiques, rameurs, ballons, barres et … miroirs.) Vince m’a fait compléter un formulaire de 5 questions. Si je répondais « non » à toutes les questions, j’étais élligible à une séance de transpiration excessive. J’ai réussi le test!

À l’heure prévue, notre entraîneur nous fait venir devant un tableau blanc afin de nous expliquer le cours d’aujourd’hui ( les cours changent selon les entraîneurs et selon la journée de la semaine). Pas de routine. C’est bien! J’écoute mais je ne comprends rien. J’ai envie de lever la main et dire: « Je m’excuse, je me suis trompée de cours. C’est pas le cours pour les débutants, ici? » Mon orgueil m’ordonne de rester pour au moins l’essayer. No regrets.

Après des explications de 5 minutes, il nous dit que nous sommes prêts à commencer. Je vous avoue que le jargon « burn fit » m’est tout à fait inconnu et le fonctionnement également. Une chance que je lui ai dit que j’étais débutante. Il me fait souvent du « eye contact ». Je sens que ça va bien aller!

L’entraîneur nous donne le « go »! «  Alors, placez-vous en équipes de 4 et rendez-vous à une station pour commencer. » Je m’imagine à l’école primaire quand on jouait au ballon et qu’on se faisait choisir ou pas… je me dirige vers 3 filles à la première station. Je les avertis tout de suite que je suis TRÈS débutante. Elles se montrent très gentilles et me guident.

Première station, je dois faire une course à relais pendant que ma compatriote tire un chariot de 50 livres. J’avoue que ça va bien. Je sens que ça me « décrotte » un peu. Au bout de 2 minutes, c’est à mon tour de tirer le chariot. Sans même réfléchir, je prends la même charge qu’elle. (Peut-être pas une si bonne idée. Je le saurai dans 2 jours.) Ça va pas si mal, mais lorsque je viens pour pousser l’os…. de chariot, je sens que j’ai des veines au niveau du front qui prennent de l’espace. Ça sonne, je laisse le chariot là et vais faire la course à relais sur le gazon synthétique « rouge »!

Nous passons à la deuxième station. On doit faire des « push up » sur un élastique accroché entre deux poteaux. Je copie ma voisine car je n’ai aucune espèce d’idée de comment faire ça. J’ai peur de me péter la gueule. C’est franchement pas facile. La cloche sonne. C’est au tour de ma compagne d’entraînement (Je dis compagne, je sais même pas comment elle s’appelle. Elle avait une face de Julie.) de faire aller l’élastique. Elle me regarde et avec un sourire m’indique que je dois faire des « push up » au plancher. Misère, ça doit faire 10 ans que j’ai pas fait ça. « Tab….k! » Les abdos me chauffent, mais je fais de mon mieux, c’est bon pour mon hernie. 

À la troisième station, je pense que je vais me reposer. On lève un poids dans chaque main en faisant des « squats ». Je prends les plus petits poids. « Cibole! » Je les trouve trop lourds! À la cloche, je change de place avec « Julie ». Je dois faire des « squats » en sautant dans les airs. Je décide de ne pas sauter. Y a toujours ben des limites à tester son soutien-gorge d’entraînement!  Vince vient me dire que c’est ben correct, mais il me donne le cours « squats 101 ». « Ayoye! » Il sait vraiment comment ça marche lui, les muscles des fessiers. Pas hâte de sortir du lit, demain.

À la quatrième station. On fait du rameur. Cette machine était mon cauchemar lorsque je m’entrainais au gym. Seulement d’ajuster mes chaussures dans les emplacements me prend 4 secondes de plus que les autres. 1-2-3- GO, je rame, je rame, je sue, je rote aussi. Je pense même que mon coeur sue. Je n’ai déjà plus d’eau. On vient juste de débuter. Ils vont bien me ramasser à terre dans un coin toute desséchée dans une heure. 
J’observe le tableau qui indique le nombre de calories dépensées en 1h…. ça oscille entre 700 et 850. Je me demande lorsqu’on en fait 2 minutes, « qu’osse ça donne ». Je me réconcilie avec le rameur. J’ai même l’impression de me reposer un peu si je le compare à toutes les autres stations qui me rappellent régulièrement mon petit-déjeuner. « Beurp! »

La cinquième station arrive vite. On soulève une barre de métal,10 fois au niveau des cuisses et 10 fois au niveau de la poitrine et si on a le temps et/ou la force 10 fois au-dessus de la tête. L’entraineur nous dit que si on est très fort on peut le faire 2 fois. Hey le mignon, ça m’encourage pas, ça! Je me félicite, j’ai réussi les 30 fois, mais le mal de coeur me « repogne ». 

Dernière station, on prend un ballon très lourd qui rebondit « zéro », on le lève au-dessus de notre tête  et on le « câlisse » par terre le plus fort possible et on recommence pendant une minute. Vince m’observe de loin et s’approche. « Nathalie, tu dois avoir quelqu’un dans ton entourage que tu n’aimes pas? » Il voit ma face qui cherche. «  Ok, Nathalie pense à un ex qui t’a fait chier! » Je lui souris et prends le ballon et le lance le plus fort que je peux. L’entraîneur me regarde et me dit: « Yeah! J’pense qu’y est mort. » 

Pour finir, on doit sauter par-dessus des mini-clôtures. « Esti !» Mes jambes sont pas assez fortes. Je demande un exercice de remplacement. J’ai vraiment peur de m'écrouler au sol, si je saute. L’entraîneur me donne un exercice pour….. renforcer les jambes. Les muscles me brûlent, mais je vois que j’en ai que pour 40 secondes. Ça va aller. Je réalise en même temps qu’il reste environ 25 minutes au cours et le trajet à travers les stations est fini.  
« Que passa? »

« On recommence! Stie ! »

Je pense filer vers le vestiaire incognito. L’entraîneur lit dans mes pensées et s’approche. 
« Comment ça va? » 
« Heu, pas si pire! » Menteuse, dis-lui que t’es plus capable. Que t’as un goût de sang dans la bouche, pis que tu glisses dans tes « runnings » tellement la sueur dégouline de partout.
« Nath, les deux prochaines stations, vas-y mollo, c’est du cardio. Après c’est musculaire, ça va aller. Tu peux pas t’en aller toute seule dans le vestiaire . Le vestiaire , on y va en gang à la toute fin. »  Avec un sourire en coin. Une chance qu’il est sympathique, sinon je lui ferais avaler ma serviette dégoulinante.

Je parle à mon coeur, souris à mes collègues de sueur et repars. Je vous avoue que ça va un peu mieux que lors de la première série. Mon cardio s’adapte et je respecte mon rythme. Je fais moins de répétitions parce que je veux absolument sortir d’ici vivante et pas en ambulance. J’ai un congé à traitement différé à honorer. Je me sens un peu « cheap » , car les autres filles avec qui je m’entraîne, dégoulinent de sueur, se massent la tête, sont à bout de souffle….mais j’arrête de culpabiliser, elles ont probablement toutes 20 ans de moins que moi. Je me trouve pas pire pareil. 

J’ai hâte d’arriver au rameur pour me reposer. Je « gosse » tellement avec les attaches pour les pieds qu’il ne me reste presque plus de temps pour ramer. My God, je me suis vraiment réconciliée avec le rameur de marde! Miracle! 

Finalement, je me rends à la fin de l’entrainement. Toute la gang, on se fait un « high five » pour se féliciter. Dans mon cas c’est pour être encore capable de me tenir debout. Je sens que les prochains jours seront difficiles. Faudra peut-être que j’aille me louer une canne ou une « marchette » chez Jean Coutu. 
J’ai le temps de voir les faces des autres participants. Je dois vous dire que pendant l’entrainement, on a pas le « fucking » temps de regarder le monde.  Les gens sont tous souriants, en sueur certes, mais souriants. Moi aussi, je souris. Même si je n’ai ressenti AUCUN plaisir pendant cet entrainement.
Je suis tellement crevée que je me demande si je ne partirai pas sans me changer. Il ne fait pas trop froid aujourd’hui, mais comme je suis trempée bords en bords, je change d’idée. Je me traîne jusqu’aux toilettes. J’essaie de me pencher pour détacher mes chaussures. Le dos me craque et j'ai le souffle coupé. J’imagine déjà les astuces pour m’extirper de mon véhicule lorsque j’arriverai chez nous. J’veux pas que les voisins pensent que j’ai eu un accident. Même mon legging me fait chier. Il ne veut plus me quitter. On dirait que la sueur s’est transformée en colle. Ça va être beau pour monter mes jeans!

Il y a quand même du positif dans cette expérience. Mon corps réagit fortement et mon cerveau me dit merci.
Avec un cerveau qui veut «bosser » tout le temps, je trouve que cet exercice est excellent. Je n’ai pas pensé à autre chose que ce que j’avais à faire à ce moment là. Le moment présent vous dites?  À full planche!  À la sortie je me suis sentie immédiatement détendue, relaxe, prête à aller faire une belle sieste. Mais pas question! Ben trop peur de ne plus être capable de sortir du lit. 

Le corps maintenant: Au moment où j’écris ces lignes j’ai 2 doses d’Advil de prises, le sac magique chaud dans le cou, je prévois un bon bain de sel d’Epsom ( au lieu de mettre une tasse de sel, j’en mettrai 4) et je sirote mon 2e ti-punch , bien corsé.


La question qui tue: « Nathalie, y retourneras-tu?  Pas demain, c’est certain, mais si quelqu’un veut venir avec moi, je ne dis pas non pour la semaine prochaine. »

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