Oui, mon minou!


En arrivant à la maison aujourd’hui une surprise toute poilue m’attendait sur le perron. Et non, ce n’était pas un ours qui avait perdu son chemin, un voisin mal rasé ou un amant mal léché assoiffé de câlins.
Une petite boule de poil noir au regard attendrissant semblait avoir passé toute la journée à m’attendre. Faut dire que ça a beau être un chat, ça fait quand même un petit velours d’être accueillie comme ça.
J’ai reconnu immédiatement le gros matou sympathique de mon proprio. On se connaît bien tous les deux puisqu’à l’occasion, lors de l’absence de ses maîtres, je prends soin de lui. Et même s’il est noir, je ne me sens pas sorcière pour autant. Pour certains, le noir attire le malheur, pour moi c’est la chaleur.
Je ne me suis pas encore décidé à adopter un quatre pattes, mais j’aime bien leur compagnie. Et oui, j’adore les chats, les minous, les matous, mais m’occuper d’un félin quotidiennement ne m’excite pas assez pour l’instant. Et puis, comme je trotte pas mal lorsque je suis en vacances, je serais bien triste de laisser ma petite boule de poil à la maison.
Je préfère offrir mes services aux amis et aux voisins. Ça me permet de jouir de ma liberté et de temps à autres d’avoir le privilège de me blottir contre un matou emprunté. Miaou!
Donc, cet après-midi Doum m’attendait sur le perron. C’est la première fois qu’il fait ça. Je suis montée chez moi et il m’a suivie. Il s’est même faufilé entre mes jambes pour entrer avec moi. Je l’ai traité gentiment, de coquin, de curieux, de polisson mais lui ai quand même montré la porte. Je ne sais pas ce qu’il avait, il ne voulait pas me quitter. Devrais-je me plaindre?
Je l’ai placé à regrets dans le corridor. Il miaulait le pauvre. J’avais la larme à l’oeil, mais je ne veux pas qu’il s’habitue à monter chez moi comme ça. Comment réagira-t-il lorsqu’il y aura un autre GROS matou étendu sur mon sofa?

Pour me changer les idées, j’ai décidé d’aller marcher. J’ai laissé la porte ouverte afin qu’il puisse retourner chez ses maîtres. Je ne voulais surtout pas qu’il me suive dans les rues du Plateau. Il n’a pas du tout l’étoffe de l’habituel chat de ruelle. Doum est resté bien sagement en haut de l’escalier, comme s’il espérait déjà mon retour. Ah, les matous!

L’air était bon. J’étais heureuse d’avoir pris la décision d’aller marcher un peu, mais je pensais à Doum. Était-il encore chez moi ou avait-il décidé de rejoindre ses parents? Bref, m’avait-il abandonnée? J’essayais de calmer mon esprit, mais je pensais à ce pauvre petit oublié dehors. Habituellement, ses parents ne le sortent pas. Il s’est probablement glissé entre les jambes de son papa. Je me demandais: Depuis quand est-il là? A-t-il mangé aujourd’hui? A-t-il eu froid?
Quand des gouttes de pluie se sont mises à tomber, je me suis précipitée chez moi. Enfin, j’avais une excuse pour retrouver mon petit poilu noir. J’ai marché le plus vite possible afin de ne pas être trop mouillée. Je tentais de voir au loin une tache noire sur le trottoir, mais rien. Plus j’avançais plus je souhaitais qu’il soit toujours en haut de l’escalier et pas retourné dans la jungle du Plateau. J’étais presqu’arrivée et je l’ai vu sur le trottoir marchant vers moi. Je l’ai interpellé et lui ai demandé de me suivre. Comme, il connaît ma voix, il m’a suivie. Il a escaladé les marches à toute vitesse. Il est même arrivé en haut de l’escalier avant moi. Quel champion! Mon coeur de maman-minou était rassuré. Je l’ai fait entrer cette fois-ci puisqu’il tombait….quelques gouttes de pluie. J’ai décidé de le garder jusqu’à l’arrivée de ses maîtres. J’ai même laissé un message sur leur répondeur en affichant fièrement mon statut de gardienne de matou.
Doum s’est promené partout. Il est habitué, car l’été, il entre par la porte arrière (que je laisse ouverte) et vient me visiter. On est comme deux potes. Je l’adore! Est-ce que je viens de dire que ma porte arrière est accessible l’été, moi?

J’ai eu l’idée d’ouvrir la porte arrière pour voir sa réaction. Il est sorti assez rapidement. Je me suis dit qu’il allait retourner chez lui au rez de chaussée. J’étais presque triste.
Je l’ai apercu quelques minutes plus tard vagabondant l’air perdu dans la ruelle glacée et pleine d’eau. Je l’ai appelé quelques fois. Il a enjambé les trous d’eau avec souplesse, traversé la cour et monté l’escalier en colimaçon en un rien de temps. Une chance que je le nourris de temps à autres, il reconnaît ma voix. Je n’avais rien pour le nourrir, mais j’ai décidé de le garder prisonnier jusqu’à l’arrivée de ses propriétaires. Je me disais que ma présence, que mon affection pourraient le combler pour le moment. Je vous avoue qu’il ne s’en plaignait pas. Il se couchait sur le plancher, les quatre fers en l’air en ronronnant amoureusement. Il a toujours été affectueux. C’est peut être pour ça que ça a cliqué entre lui et moi. Il s’est même installé à côté de moi sur le divan pendant que je prenais mes courriels. Il ronronnait si fort que j’en avais des frissons. Je me demande s’il est castré?
Vers 17h30, j’ai entendu une portière se fermer. Je me suis dit que c’était son papa qui arrivait. Je suis allé l’accueillir à l’arrière. Je lui ai demandé de venir chercher son animal de compagnie puisque je le gardais précieusement dans mes quartiers. Mon proprio m’a mentionné qu’il pensait que son chat était dans la maison. Il est tout de même venu vérifier la bête. Il lui a examiné attentivement les pattes, la queue et les yeux et m’a dit le plus sérieusement du monde: “C’est pas Doum! C’est la chatte de la voisine qu’on a surnommée Madame Doum puisqu’elle est sa copie conforme.” La tarte du Plateau était née. Ma réputation de nouille allait se propager. J’étais découragée, mais en même temps soulagée. MON Doum était à l’abri et en sécurité. Toute cette aventure m’a chamboulée. Je me suis même questionnée sur mon avenir de “bonne samaritaine”. En tout cas, là je fais quoi d’après vous, je m’achète un chat pour combler mon besoin d’affection ou me fait vérifier la vision?

Commentaires

  1. Je pense que tu as sérieusement besoin d'un matou dans ta vie ;)

    RépondreSupprimer
  2. Ma fille (18 ans) a entré un chat en cachette et elle croyait pouvoir le faire vivre dans sa chambre sans que je ne vois ou n'entende quoi que ce soit...Malheur je suis hyper allergique aux chats mais...il était tellement adorable que je me suis résignée aux réactines et au rhinalar et tranquillementje me suis desensibilisée, je ne suis plus allergique à ce chat...mais toujours aux autres quand j'en croise un. Ma fille très occupée et travaillant de nuit et est toujours pas monts et par vaux, devinez qui a adopté Prince le beau matou? Maman et il a même gagné le coeur de Papa, le gros matou de la maison, ce qui n'est pas rien...Mais c'est son chat, elle paie le vet, la bouffe et ...partira avec un jour, mais on n'est pas pressés...Ah que les minous sont adorables!!!!

    RépondreSupprimer
  3. Peut-être un cours d'anatomie? Tu as pris une chatte pour un chat? ;-) hahaha! Bon je n'aurais peut-être pas fait mieux. Tarte toi? Mais voyons, jamais! Ta voisine devait être heureuse que quelqu'un ce soit occupé de sa "Madame Doum". En tout cas toi, tu as eu ta dose d'affection pour la soirée. C'est fou comme la présence d'un animal fait du bien, même quand elle est discrète.

    RépondreSupprimer

Publier un commentaire

Articles les plus consultés